Sur LinkedIn, comme sur les autres réseaux sociaux, il y a ce que l'on voit, et ce qui est invisible.
Ce que vous voyez, c'est votre profil, les profils des autres utilisateurs, votre fil d'actualité, les messages, les commentaires et toutes vos interactions.
Ce que vous ne voyez pas, c'est la structure du réseau, l'organisation des données et des contenus.
Lorsque vous êtes sur LinkedIn, oui vous êtes sur l'un des plus gros réseaux sociaux du monde. C'est vrai.
Mais vous êtes aussi dans des bulles. Et ce sont ces bulles qui vont conditionner votre visibilité et votre impact. Comprendre cela est essentiel pour communiquer avec les bonnes personnes, pour trouver des clients, des partenaires, ou un job.
Nous allons donc commencer par voir ce qu'est une bulle sociale, puis comment les réseaux utilisent ces bulles, et enfin comment en tirer profit sur LinkedIn pour réaliser vos objectifs.
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Un réseau social qui comporte des centaines de millions d'abonnés est obligé d'employer des techniques pour gérer l'audience. Le but étant que les abonnés voient constamment du contenu intéressant, cela permet de les garder en ligne plus longtemps et de capitaliser sur leur temps d'attention pour leur vendre de la publicité.
Pour que les gens restent longtemps, il faut que le contenu qui leur est adressé leur plaise. Donc que le bon contenu soit fléché sur la bonne personne. Mais comment faire sur un réseau où tout le monde parle de plein de choses différentes à chaque instant ? Où chacun a un comportement, des goûts, des attitudes différents ? Comment faire quand la versatilité est la règle ?
Pour réussir cela, le réseau va créer des bulles, c'est-à-dire des groupes d'utilisateurs qui sont homogènes entre eux sur certains critères, et très hétérogènes avec les autres utilisateurs sur les autres critères.
Donc le réseau va montrer des choses spécifiques aux abonnés qui ont montré leur intérêt pour ces choses spécifiques.
J'aime le marketing du luxe ? Le réseau me montre des contenus portant sur le marketing ou le secteur du luxe, ou les deux.
Une bulle, c’est donc un environnement informationnel qui se referme sur lui-même, sur des thématiques très limitées et répétitives.
Donc quand vous faites partie d'une bulle, vous voyez surtout :
des sujets qui vous intéressent déjà
des opinions proches des vôtres
des formats que vous consommez facilement
des personnes “comme vous” (mêmes métiers, mêmes obsessions, mêmes références)
Et ce n'est pas un complot pour conditionner votre perception du réel. C’est un mécanisme pour améliorer la rétention sur la plateforme, et faciliter le travail de l'algorithme de recommandation.
Cette approche repose sur le concept d’homophilie : on se rapproche spontanément de ceux qui nous ressemblent, et on évite ce qui nous contredit, parce que ça coûte de l’énergie.
Résultat : votre cerveau optimise. Il réduit la dissonance. Il préfère le familier.
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2. Comment les réseaux sociaux utilisent les bulles
Les réseaux sociaux n’ont pas un objectif moral. Ils ont un objectif économique.
Ils doivent maximiser une chose : votre temps d’attention afin de maximiser leurs revenus publicitaires.
Pour ça, ils exploitent les bulles.
Comment ?
ils observent ce qui vous retient (clic, arrêt du scroll, commentaire, partage, message). Quels sont les sujets qui font que vous restez ? Ces sujets sont classifiés sous forme de mots-clés .
ils déduisent ce qui vous “active” (curiosité, indignation, validation, peur de rater). A quels mots-clés réagissez-vous le plus vivement ?
ils vous servent davantage de ce qui marche, et moins de ce qui ne marche pas. Si vous avez réagi à un contenu associé à un mots-clés spécifique, cela peut être dû au format du contenu qui a attiré votre attention, ou au sujet qui vous intéresse. Le sujet vous sera donc proposé plusieurs fois, tout comme le type de contenu, pour mieux comprendre votre comportement.
Et comme vous réagissez plus facilement à ce qui confirme vos croyances (ou vous énerve d'ailleurs), la bulle se renforce.
Sur LinkedIn, il y a des bulles “stratégie”, “marketing”, “RH”, “start-up”, “industrie”, “freelance”, “dirigeants”… Et chacune a ses codes, ses mots, ses ennemis, ses héros.
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3. Comment utiliser les bulles pour avoir de l’impact sur LinkedIn
Beaucoup veulent “parler à tout le monde”.
Sur un réseau qui fonctionne sous forme de bulles liées à des mots-clés , c’est la meilleure façon de ne toucher personne et d'être invisible.
Pour faciliter votre visibilité, il faut que l'algorithme du réseau vous associe à une bulle, il faut qu'il vous comprenne. S'il ne vous comprend pas, il va tester constamment en proposant vos contenus à des gens très différents, et en vous montrant des contenus très différents. En effet, l'algorithme a besoin de signaux répétitifs pour vous positionner.
Dans ce cas, votre feed est ennuyeux et votre reach est au plus bas.
Si vous voulez de l’impact, vous devez accepter une idée simple : vous n’allez pas sortir les gens de leur bulle. Vous devez entrer dans une bulle, et y devenir une référence.
Concrètement, cela veut dire que quand vous publiez, vous devez déterminer comment votre publication va exister dans l'écosystème formé par la bulle à laquelle vous appartenez.
choisissez une bulle. une seule. un segment précis. un niveau de maturité. des problèmes récurrents. Pour ce faire, choisissez 2 à 3 mots-clés spécifiques, et faites-les apparaître de manière récurrente sur votre profil. Ne spammez pas, ajoutez des variantes présentes de manière naturelle sur votre profil.
choisissez un sujet de prédilection adossé à ces mots-clés , ou l’ennemi commun. Pas une personne : une croyance, une pratique, une illusion, tels que “le personal branding, ça suffit”, “l’ia va tout remplacer”, “il faut publier plus”, "arrêtez de mal utiliser LinkedIn " ...
plantez votre drapeau. Maintenant, ce sujet est le vôtre. Chaque post, chaque commentaire reflète votre expertise sur le sujet.
Remplissez votre bulle. Les posts c'est bien, mais cela ne suffit pas. Vous devez commenter, cela on vous le dit tout le temps. Mais combien se sont épuisés à commenter à tout bout de champs, pour aucun résultat ?
Il ne faut pas "commenter". Il faut participer à des conversations sur vos mots-clés. Donc identifiez 5 à 10 personnes avec 2 caractéristiques :
Elles sont dans la même bulle que vous (donc leurs profils mentionnent les mêmes mots-clés que vous, et elles publient sur ces sujets)
Elles publient régulièrement, car vous devez pouvoir interagir
Et vous commentez leurs posts. Vous participez à leur conversation. Régulièrement.
faites vivre la bulle.
Répondez aux commentaires, citez vos contradicteurs, transformez les objections en posts. sans mépris, avec précision.
Votre audience n’a pas besoin d’un contenu brillant, elle a besoin de conversations intéressantes. Ce qui permettra à l'algorithme de flécher correctement vos contenus, sur les bonnes personnes.
Donc si votre reach et bas, c'est principalement pour 3 raisons:
Il n'y a pas adéquation entre les mots-clés de votre profil et les sujets de vos publications
Vous publiez sur tout ce qui vous passe par la tête, sans stratégie
Vous ne faites pas le plein de votre bulle
C’est ça, l’impact : devenir le point de repère d’une bulle. Pas le bruit de fond de toutes les autres.
La conséquence ? Votre reach va monter, mécaniquement. Pas de flèche, mais régulièrement.
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C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve samedi prochain ✌️
Passez un merveilleux week-end.
Jean-Philippe
P.S. J’ai toujours beaucoup de plaisir à vous partager mes analyses et points de vues chaque samedi matin.
Et si vous êtes allé au bout, c’est que nous partageons ce goût pour l’analyse. Mais c’est peut-être aussi le cas d’un de vos proches, un ami ou un membre de la famille, que vous pourriez inviter à la discussion.
Peut-être pourriez-vous juste lui transférer Secret Sauce avec un bref message : “Je viens de lire cette analyse, je serais curieux d’avoir ton point de vue.”
