Après la mode ChatGPT, et la hype incroyable pour Gemini, c'est aujourd'hui Claude qui est en tête d'affiche.
Les posts prouvant que Claude permet d'automatiser votre business en se prélassant au bord d'une piscine à Bali sont légion.
Les posts expliquant que la puissance agentique de Claude est telle que l'on peut faire fortune en ne travaillant plus pullulent sur Linkedin et Insta. Alors oui, tout cela est faux.
Faux, certes, mais Claude reste extrêmement puissant. Mais à une condition impérieuse, il faut comprendre quels sont ses différents usages, car Claude est assez différent de Gemini et de ChatGPT, pour le comparer aux 2 autres services les plus utilisés.
Claude comporte 7 niveaux d'utilisation, or 90% des utilisateurs n'utilisent que le premier.
Je vais donc clarifier les différents usages en les liant à chaque fois avec 3 illustrations, et je terminerai en vous disant combien ça coûte, car Spoiler: avec Claude, vous en aurez pour plus de 20€ par mois, ho oui.
Voici les 7 niveaux fonctionnels de Claude.
· · ·
1. Le LLM, c’est à dire le Chatbot
C'est la couche de base. 90% des utilisateurs restent à ce niveau. Le Chat LLM est l'interface conversationnelle de Claude : un échange en langage naturel, sans mémoire persistante entre les sessions, sans accès à des fichiers externes. Vous soumettez un prompt à Claude en langage naturel, et il génère une réponse.
C'est le point d'entrée universel, disponible sur web, mobile et desktop. La puissance de Claude dépendra du modèle. Haiku et Sonnet sont gratuits, Opus (le plus puissant) est à environ 21€ttc.
Les usages:
Rédiger des posts LinkedIn
Faire un brainstorming
Demander les notices d'utilisation de logiciel ou de services SAAS (Claude est très bon pour cela)
· · ·
2. Les artefacts
Quand votre prompt conduit à la production d'un document complet, plus complexe que juste la réponse à un prompts, au lieu de vous répondre sous votre requête, Claude va générer un Artefact. Les Artefacts sont des livrables autonomes, souvent en .pdf, générés directement dans l'interface Claude, et affichés dans un panneau dédié et téléchargeables. Il ne s'agit plus d'une simple réponse textuelle, mais d'un objet fini : document Markdown, page HTML interactive, scripts, diagramme, présentation. Un artéfact, c'est un résultat plus sophistiqué qu'une réponse brute à un prompt.
Les usages:
Script HTML
Diagnostic complet d'un site web ou d'un service saas
Reporting complet après une analyse de données un peu complexe
· · ·
3. Les projets
Là, on commence à rentrer dans le super utile. Les Projects sont des espaces de travail persistants dans Claude, comme des fichiers sous Windows. Contrairement au chat simple où chaque session repart de zéro, un Project conserve la mémoire des échanges, les fichiers uploadés, les instructions personnalisées et le contexte métier. On peut y stocker des docs de référence, des guidelines de marque, des personas client, des briefs permanents. C'est l'équivalent d'un "dossier client" dans Claude : tout ce qui définit un contexte de travail récurrent est disponible à chaque nouvelle session. C'est très utile quand on utilise Claude pour des tâches récurrentes ou qui s'inscrivent dans le temps long. Vous pouvez même créer un jumeau numérique de votre style rédactionnel. Alors attention, ce n'est pas magique, mais en suivant bien les instructions et en soumettant des documents de qualité, on arrive à des résultats incroyables.
Les usages:
Créer un jumeau numérique pour avoir une sorte d'assistant qui va vous aider dans toutes vos tâches rédactionnelles.
Créer une veille concurrentielle solide (en mettant tous les documents dans le même Projet)
Elaborer une ligne éditoriale et la faire évoluer en fonction des résultats.
Là, nous avons vu les fonctions de base. Nous rentrons maintenant dans le plus technique, plus puissant.
· · ·
4. Les skills
Les Skills (les compétences) sont les capacités spécialisées activables dans Claude, au-delà de la génération de texte pure. Elles étendent ce que Claude peut faire : rechercher sur le web en temps réel, exécuter du code Python, générer des images (diagrammes, schéma ou graphiques, pas des images comme Midjourney), mener une recherche approfondie multi-sources (Deep Research), analyser des PDF et des fichiers complexes. Chaque Skill connecte Claude à un outil ou un type de traitement spécifique.
En fait, les 3 couches précédentes permettaient de générer du contenu de plus ou moins bonne qualité. Les skills permettent à leur tour d'agir, comme faire du traitement de données sophistiqué, de l'analyse de données multivariées ou alors sémantiques. C'est puissant et rapide.
Les usages:
Ce qui revient le plus, c'est l'analyse de données concurrentielles (je ne suis pas encore convaincu, mais c'est très utilisé)
L'analyse de données sémantique (compréhension du sens et des symboles dans un texte)
Analyses de données statistiques: ANOVA, ANCOVA, Régressions multiples, ... (Je n'ai pas tout utilisé, mais les retours sont bons).
· · ·
5. Les connecteurs (MCP)
Là, on rentre dans la révolution, nous avons déjà discuté ensemble du protocole MCP. Claude peut être connecté à d'autres services. Les connecteurs s'appuient sur le protocole MCP (Model Context Protocol) pour relier Claude à des services et outils tiers en temps réel. Gmail, Google Drive, Google Calendar, Slack, Notion, HubSpot, Salesforce, ... Claude peut lire, écrire et agir dans ces outils directement depuis l'interface.
Ce n'est plus une IA isolée : c'est une IA branchée sur votre stack de travail réel. Les connecteurs transforment Claude en couche d'orchestration intelligente au-dessus de vos outils existants. L'utilisateur décide quels accès accorder et Claude n'agit que dans ces périmètres autorisés, mais restez quand même extrêmement prudent.
Les usages:
Pour les mails: pas juste rédaction de mails sur Gmail ou Outlook, mais synthèse, résumés, analyse et programmation
Analyse de leads dans un CRM, et scoring de lead avec planification du lead nurturing.
Et puis des résumés de textes ou de rapport dans n'importe quel service connecté : des pièces jointes dans Gmail, à des conversations Teams, en passant par ds rapports dans Salesforce.
Le point 6., c'est la continuité de MCP et de l'intégration de Claude à un environnement.
· · ·
6. Les pluggins
Les Plugins sont des extensions métier. Là où les connecteurs branchent Claude sur un outil, les plugins lui apprennent comment travailler dans un domaine spécifique. Un plugin peut combiner plusieurs connecteurs, définir des étapes de traitement précises et produire des outputs formatés selon les standards d'un métier. Ce sont les plugins qui permettent à Claude d'être intégré à un environnement et d'interagir avec tous les services utilisés.
Les usages:
Pour une content factory: de la collecte de données à la rédaction de contenus multi-plateformes (la qualité reste discutable, les contenus doivent être révisés sérieusement)
Analyse des données Google Analytics (cela marche très bien !)
Analyse de la cohérence d'une ligne éditoriale en termes de publications sur les réseaux sociaux. Claude dit savoir très bien faire cela, je ne l'ai pas encore vu faire.
Je précise un point. Ici, pour faciliter la lecture, j'ai séparé les connecteurs et les plugins, mais c'est juste pour comprendre. Dans les faits, et à l'usage, cela va ensemble. On installe un plugin qui fait le job. Mais j'ai pensé que c'était mieux pour bien comprendre. Vous me direz.
Et le dernier pour la fin: la puissance Agentique, ce qui fait que Claude est en quasi-monopole aujourd'hui.
· · ·
7. CoWork
Cowork est le niveau le plus avancé de l'écosystème Claude : un agent autonome, disponible dans l'application desktop. C'est donc une application sur votre propre machine. Contrairement au chat qui répond à des messages, Cowork exécute des tâches multi-étapes en accédant directement aux fichiers locaux, aux applications et aux services connectés. L'utilisateur définit un objectif ; Cowork planifie, décompose en sous-tâches, coordonne des sous-agents parallèles et livre un résultat fini comme des rapport synthétiques ou une base de données. Les tâches peuvent être planifiées et s'exécuter en autonomie. C'est le passage de l'assistant au collaborateur autonome, avec les gains et les risques que cela implique.
Usages: c'est simple, c'est du multi-agents.
Les usages sont donc tout ce que vous faites actuellement. Mais avec des risques majeurs.
Exemple: ce développeur qui annonce sur Twitter qu'il a lancé un système multi-agents pour gérer sa boîte mail, et qui se lève un matin avec son Gmail vidé car l'agent considérait que c'était le mieux à faire.
Bien cadrer un système multi-agent, c'est mettre un turbo à toutes vos tâches. C'est incroyable.
Mal cadrer un système multi-agent, c'est devoir gérer toutes les catastrophes imaginables. Et Claude sait être créatif.
· · ·
Alors tout ça, c'est génial, mais ça coûte combien ?
La version gratuite est très peu utilisable pour travailler intensément, on atteint la limite très vite.
Le 1er échelon est la version pro à environ 20€. OK pour les versions LLM, le reste est trop gourmand.
Ensuite il y a MAX, sur 2 paliers, à 100€ puis 200€. C'est le choix de beaucoup.
Mais le vrai choix des entreprises, c'est l'usage en API, et là, ça chiffre très vite. Tout dépend d'abord du modèle employé. Anthropic facture les données entrantes et les données sortantes.
Cela est contrôlable aisément pour les 3 premières couches de Claude. Dès que vous allez sur des fonctions plus complexes, et vers l'agentique, vos usages génèrent des flux de données internes entre les fonctions de Claude (car les couches communiquent). Et là, Claude facture entre 30x et 60x plus cher par rapport au tarif de base en millions de tokens.
Donc l'avenir, c'est l'exécution en local. Mais cela représente des coûts en structure, en entretien et en compétences. Pour le multi-agents, c'est encore délicat.
Donc comprenez bien les usages, testez-les, et utilisez ce qui vous convient le mieux, tout en gardant en tête que Claude est votre assistant, vous devez le garder sous contrôle.
· · ·
C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve samedi prochain ✌️
Passez un merveilleux week-end.
Jean-Philippe
P.S. J’ai toujours beaucoup de plaisir à vous partager mes analyses et points de vues chaque samedi matin.
Et si vous êtes allé au bout, c’est que nous partageons ce goût pour l’analyse. Mais c’est peut-être aussi le cas d’un de vos proches, un ami ou un membre de la famille, que vous pourriez inviter à la discussion.
Peut-être pourriez-vous juste lui transférer Secret Sauce avec un bref message : “Je viens de lire cette analyse, je serais curieux d’avoir ton point de vue.”
