Bientôt la fin de l’été, c’est le moment d’accéder aux ressources clés pour bien aborder la rentrée.
J’ai regroupé sur mon site des ressources pour mieux penser votre stratégie, comprendre l’IA et passer plus vite de l’idée à l’action.
Guides, méthodes et contenus pratiques : vous pouvez tout consulter gratuitement.
Et si ce choix crucial qui vous préoccupe n'était pas si décisif ?
À la fin du XVe siècle, John Morton, archevêque de Canterbury et grand argentier d'Henri VII, avait mis au point un raisonnement imparable pour lever l'impôt.
Celui qui menait grand train avait de toute évidence de l'argent, donc il pouvait payer.
Celui qui vivait sobrement faisait forcément des économies, donc il pouvait payer aussi.
Quelle que soit la réponse, on passait à la caisse.
Deux alternatives à la même question, et pourtant la même réponse.
La fourchette de Morton était née.
Ce que l'histoire a retenu comme un tour de force fiscal est devenu, pour nous, la définition même du faux dilemme.
On hésite entre deux options, ce choix nous semble crucial sur la base des informations dont nous disposons, alors qu'il ne l'est pas.
Il nous arrive de consacrer parfois énormément d'énergie à des décisions dont l'importance est très inférieure à celle que nous leur attribuons.
Dans cette configuration de raisonnement, les deux alternatives nous paraissent radicalement différentes, et nous croyons que tout se joue là.
Mais factuellement elles se rejoignent au même endroit, ou l'écart qui les sépare est dérisoire au regard de ce qui compte vraiment, ou du travail analytique nécessaire pour les discriminer.
Le piège n'est pas dans les alternatives suggérées par le dilemme, il est dans la conviction que trancher entre elles est capital.
Nous dépensons une énergie considérable à peser deux issues qui, vues de haut, mènent à la même destination.
Et pendant que nous délibérons, nous ne faisons ni l'une ni l'autre. Délibérer ressemble à un travail sérieux, mais c'est souvent l'inaction qui se déguise en rigueur.
Cela vous semble désincarné ? Cela vous semble purement théorique, ou conceptuel ?
Voici 3 illustrations très fréquentes de la fourchette de Morton. Vous les avez sans doute déjà rencontrées.
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Se différencier ou copier le leader
Voici la première dent de la fourchette. Faut-il prendre le contre-pied du numéro un pour exister, ou reprendre sa recette puisqu'elle fonctionne ?
On en fait une question de vie ou de mort stratégique.
Or les deux voies réussissent quand l'exécution est performative, et les deux échouent quand elle est menée avec paresse ou manque de rigueur.
Ce qui décide n'est pas l'axe choisi, c'est la constance à le tenir dans la durée.
C'est l'aptitude à aligner le choix stratégique et l'exécution.
La plupart des entreprises changent d'axe avant que l'un ou l'autre ait eu le temps de produire quoi que ce soit.
Elles croient s'être trompées de dent. Elles se sont surtout retirées trop tôt du point où les deux se rejoignent.
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Quelle plateforme choisir
LinkedIn, Instagram ou une newsletter ? YouTube ou TikTok ? On arbitre le choix du canal idéal pendant des mois comme si l'avenir se jouait sur ce choix.
Mais quelle que soit la plateforme, le point où les deux dents se rejoignent porte un seul nom : le lien avec votre audience.
Un canal sans relation ne produit rien, et une relation solide finit par exister quel que soit le canal.
Celui qui hésite depuis six mois entre deux plateformes a déjà répondu à la question. Il n'a rien publié, il a perdu 6 mois et n'a donc créé aucun lien avec personne.
La fourchette de Morton est solutionnée par l'existence d'une audience constituée, pas par une recherche illimitée du lieu où elle pourrait se trouver.
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Quel outil choisir
Beehiiv ou Substack, Framer ou WordPress, on ouvre vingt onglets, on compare les fonctionnalités, on lit les avis.
Et l'on oublie que dès l'instant où l'on pense technique, on perd de vue l'objectif stratégique. L'outil n'est jamais la question. Il n'est que le moyen de servir un objectif qui, lui, décide de tout.
Choisir un outil procure la sensation d'avancer, parce que c'est concret et que cela se coche sur une liste.
Mais aucun outil ne rattrape un objectif qu'on a cessé de regarder.
Ce qui compte, ce n'est pas la fourchette. Ce qui compte, ce n'est pas le dilemme. Ce qui compte, c'est le fait de faire. C'est la réalisation. C'est l'action en phase avec l'objectif.
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Ces trois dilemmes ont un air de gravité. Ils n'en ont que l'air.
Car le problème n'est pas de faire un choix, mais de croire que ce choix est absolument crucial.
Une fois cette croyance dissoute, la fourchette perd de son intérêt.
Ce ne sont donc pas les dilemmes qui comptent, c'est la manière dont nous les traversons.
Le vrai sujet n'est pas A ou B, c'est le stress que la fourchette génère en nous, et notre aptitude à ne pas nous laisser transpercer.
Garder la tête froide quand la tension monte, refuser la dramatisation, décider vite sur ce qui est réversible et lentement sur ce qui ne l'est pas.
La fourchette de Morton ne pique que la main qui tremble.
La stratégie n'est pas l'art de choisir la bonne alternative au dilemme.
C'est l'art de rester lucide au moment où l'urgence nous encourage à ne pas l'être.
La prochaine fois que vous vous surprenez à hésiter longuement entre deux options, posez-vous une seule question : dans six mois, l'écart entre les deux aura-t-il la moindre importance ?
Si la réponse est non, vous êtes face à un faux dilemme. Tranchez, et passez à la suite.
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C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve samedi prochain ✌️
Passez un merveilleux week-end.
Et si cette newsletter vous plait …
Jean-Philippe
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